Sans abri

Au cœur des villes, auprès de nous
Pas la peine de fuir,
ce ne sont pas des loups
Visages creusés par les saisons
Trop de sourires se meurent sous les cartons
Ils se raccrochent dans un passé
Cassé à la lueur des étoiles pour oublier
Et ils s’inventent des histoires
Dans quelque endroit de leur demeure
Qu’on appelle trottoir
Combien de temps encore pour les croiser
Venir chez eux, les réveiller,
Briser l’enfer de leur collier ?
Ce sont des hommes, une réalité
Et quand l’hiver les couvre de flocons,
Pour fuir le froid, c’est sous un pont
Qu’ils font un feu pour s’endormir
Aux dépend des vieux journaux, il faut tenir
Au petit matin, aux bruits des trains
Leur réconfort est juste un chien
Un cœur qui lèche une de leur mains
Ca fait du bien, avant d’aller plus loin
Au cœur des villes, auprès de nous
Pas la peine de fuir, ce ne sont pas des loups
Dans leur jardin sans fleurs, sans rien
Ils sont bien là, ces hommes
Qui savent au hasard des lendemains.

Pour les sans abris
Ce texte ne vient pas de moi mais ce petit mot ici vient de moi. "Ne détournez pas vos yeux quand vous croisez un sans abri car tout comme vous, c'est un humain."

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